
Alger arrive en tête des destinations aériennes les plus recherchées au départ de la France en juillet et août 2026, selon le baromètre de Bourse des Vols, avec un volume de requêtes en hausse de 4 % sur un an. Les fortes progressions observées vers Oran et Annaba confirment également la vigueur de la demande vers l’Algérie et, plus largement, le Maghreb — sans permettre, à elles seules, de mesurer le nombre réel de touristes ou de billets vendus.
La capitale algérienne n’a pas enregistré la hausse la plus spectaculaire de l’été, mais elle occupe la première place du classement. L’aéroport Alger-Houari-Boumediene devance Saint-Denis de La Réunion, Bangkok et Pointe-à-Pitre.
Publié le 2 septembre par le média professionnel TourMaG à partir des données de Bourse des Vols, ce classement dessine une géographie estivale favorable au Maghreb. Marrakech se classe cinquième, avec une progression de 11 %, tandis que Tunis, huitième, gagne 14 %. « Les données du cœur de l’été confirment le leadership du Maghreb et le rebond de certaines lignes européennes et africaines », analyse Caroline Gachet, directrice marketing et e-commerce de Bourse des Vols.
Ces résultats doivent toutefois être interprétés avec prudence. Ils mesurent des recherches de vols, et non des réservations effectives ou la fréquentation touristique. Une requête peut déboucher sur un achat comme rester sans suite. Dans le cas de l’Algérie, une partie des déplacements depuis la France est également liée aux visites familiales et aux attaches de la diaspora. La première place d’Alger ne peut donc être assimilée automatiquement à un engouement purement touristique.
Une demande qui dépasse l’axe Paris-Alger
C’est surtout hors de la liaison entre Paris et Alger que certaines évolutions retiennent l’attention.
Depuis Toulouse, les recherches vers Oran progressent de 78 %. Au départ de Marseille, celles concernant Annaba bondissent de 291 %. La dynamique dépasse d’ailleurs le seul marché algérien : Marrakech gagne 60 % depuis Lyon, tandis que Tunis progresse de 91 % depuis Nice.
Ces chiffres montrent que la demande vers l’Afrique du Nord repose aussi sur un réseau de liaisons régionales entre grandes villes françaises et métropoles du Maghreb.
Pour l’Algérie, l’intérêt porté à Oran et Annaba suggère ainsi un marché aérien moins concentré qu’il n’y paraît, soutenu par des liens humains et familiaux anciens entre les deux rives de la Méditerranée.
Il serait néanmoins excessif d’assimiler ces fortes variations à une hausse équivalente du nombre de passagers. Une progression de 291 % peut partir d’un volume initial relativement faible. Or, le baromètre ne fournit pas les données absolues nécessaires pour mesurer le poids réel de chaque liaison.
Cette nuance est d’autant plus importante que plusieurs destinations conservent une place élevée malgré de fortes baisses. Saint-Denis de La Réunion reste deuxième avec un recul de 55 %, Pointe-à-Pitre quatrième malgré une chute de 67 %, tandis que Bangkok demeure troisième en dépit d’une baisse de 34 %.
Des habitudes de voyage en recomposition
L’été 2026 met donc en évidence des évolutions contrastées selon les destinations.
Porto enregistre une hausse de 78 % et se classe sixième. Abidjan, septième, affiche une progression de 250 %, la plus forte du top 10. L’île Maurice, dixième, gagne 17 %. À l’inverse, les Antilles françaises et La Réunion restent très recherchées tout en enregistrant un net recul sur un an.
Selon Bourse des Vols, cette évolution reflète notamment les difficultés persistantes des destinations ultramarines dans un contexte de tarifs aériens élevés. Elle favorise parallèlement la visibilité de destinations plus proches, notamment autour du bassin méditerranéen.
La position d’Alger se distingue toutefois des hausses spectaculaires observées ailleurs : elle repose sur un niveau de demande déjà élevé qui continue de progresser. Sa présence au sommet du classement semble donc moins liée à un rebond ponctuel qu’à une demande solidement installée.
La part exacte du tourisme reste en revanche impossible à isoler. Les données disponibles ne distinguent pas les voyages de vacances, les visites familiales, les déplacements professionnels ou les séjours temporaires de ressortissants algériens vivant en France.
Le baromètre met donc surtout en évidence l’intensité des échanges aériens entre la France et l’Algérie, sans permettre d’en déterminer précisément les motivations.
Une présence qui se prolonge à l’automne
La tendance se maintient dans les premières recherches pour les vacances de la Toussaint 2026. Saint-Denis reprend la tête, mais Alger conserve la deuxième place, devant Marrakech et l’île Maurice.
Le classement évolue parallèlement en faveur de l’océan Indien et de l’Asie. Antananarivo gagne vingt-deux places pour atteindre le septième rang, tandis que Tokyo en gagne dix-neuf et se classe neuvième. Caroline Gachet évoque ainsi une « nette orientation vers l’océan Indien et un retour en force de l’Asie ».
La capitale algérienne conserve donc une position élevée au-delà de la saison estivale. Plus qu’un simple pic ponctuel, le baromètre suggère une demande durable sur le marché français. Reste à déterminer dans quelle mesure ces recherches se traduiront effectivement par des réservations et des passagers.






1 a réfléchi à «Alger, première destination recherchée depuis la France»