Allocation touristique Algérie
L’allocation touristique de 750 euros ne se résume pas au montant disponible pour voyager. Derrière ce droit de change, plusieurs règles bancaires peuvent avoir des conséquences concrètes si les dates du voyage changent, si le dossier est déposé trop tard ou si les conditions ne sont pas respectées. Certaines de ces règles sont particulièrement importantes car elles ne sont pas toujours visibles lorsqu’on prépare son dossier.
Pourquoi il faut s’y prendre au moins 7 jours avant le départ
Le paiement de la contre-valeur en dinars du droit de change doit être effectué au plus tard sept jours ouvrés avant la date prévue du voyage. Ce délai concerne également la commission liée à l’opération.
Cela signifie qu’il ne faut pas attendre la veille du départ pour effectuer la démarche. Si le voyage est prévu un vendredi, par exemple, les jours ouvrés précédant le départ doivent être pris en compte pour déterminer la dernière date possible de règlement.
La règle est particulièrement importante pour les voyageurs qui achètent leur billet peu avant le départ. Une demande tardive peut donc poser problème même si le voyageur remplit par ailleurs toutes les conditions.
Le compte en devises joue un rôle important dans l’allocation touristique
Le dispositif actuel repose sur une carte de paiement internationale ou une carte dédiée au droit de change. Cette carte doit être adossée au compte en devises ouvert au nom du bénéficiaire auprès de la banque intermédiaire agréée.
Le voyageur doit également disposer d’un compte bancaire en monnaie nationale. La réglementation prévoit donc un fonctionnement lié aux comptes bancaires du bénéficiaire, et non une simple remise de devises indépendante de la relation bancaire.
Autre détail intéressant, la banque peut délivrer la carte internationale indépendamment de la demande d’allocation touristique. Le client peut ainsi disposer de sa carte avant de demander le droit de change pour son voyage.
Le montant est calculé selon le taux de change du jour de l’opération
Le montant de l’allocation touristique n’est pas fixe en dinars. La contre-valeur à payer est calculée en fonction du cours commercial d’ouverture à la vente de la devise concernée le jour de l’opération.
C’est un point à connaître lorsque l’on prépare son budget. Le montant en dinars nécessaire peut donc varier en fonction du taux appliqué le jour où l’opération est effectuée. La banque doit par ailleurs remettre au bénéficiaire un document justifiant le paiement de cette contre-valeur.
Le voyage est contrôlé après l’attribution du droit
La banque ne vérifie pas uniquement le dossier au moment de la demande. Elle doit également s’assurer, dans certaines situations, que le voyage précédent a bien été effectué et que sa durée respecte les conditions prévues.
Pour les personnes ayant bénéficié du droit de change durant l’année précédente, le passage aux frontières permet notamment de vérifier la réalité du voyage et sa durée. Le cachet de la police aux frontières fait foi dans ce contrôle.
Cela explique pourquoi un voyageur qui souhaite bénéficier à nouveau du dispositif doit conserver une situation conforme à la réglementation lors de ses déplacements précédents.
Le passeport garde une trace de l’opération
L’attribution du droit de change n’est pas uniquement enregistrée dans les systèmes de la banque. La réglementation prévoit également une inscription sur le passeport du bénéficiaire, avec le montant attribué, la devise concernée et la date de l’opération. L’opération est en parallèle déclarée sur la plateforme dédiée de la Banque d’Algérie.
Cette inscription permet notamment aux banques de vérifier l’utilisation antérieure du droit de change lorsque le voyageur présente une nouvelle demande. Il est donc important de présenter son passeport et de conserver les justificatifs remis par la banque après l’opération.
Que se passe-t-il si le voyage change après la demande ?
C’est l’un des points les plus importants à anticiper. Si le voyage est annulé ou si le séjour finalement effectué dure moins de sept jours, la réglementation prévoit la restitution intégrale du droit de change auprès de la banque intermédiaire concernée. Cette restitution doit intervenir dans les cinq jours ouvrés suivant le retour, avec présentation du passeport.
La banque remet alors un avis d’opération ou un reçu d’annulation et inscrit une mention correspondante sur le passeport. La restitution est également enregistrée sur la plateforme de la Banque d’Algérie.
Il ne faut donc pas considérer les devises attribuées comme définitivement acquises dès leur chargement sur la carte. Elles restent liées aux conditions du voyage pour lequel le droit a été accordé.
Une assistance doit rester accessible depuis l’étranger
Autre information peu connue : les banques qui émettent les cartes utilisées pour le droit de change doivent mettre en place des dispositifs d’assistance accessibles depuis l’étranger.
La réglementation prévoit notamment des centres d’appels et des canaux digitaux disponibles 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 pour traiter les incidents et les demandes liés à l’utilisation de la carte.
Avant de partir, il est donc utile d’enregistrer le numéro d’assistance de sa banque et de vérifier les moyens de contact disponibles depuis l’étranger. En cas de problème de paiement ou d’utilisation de la carte, cette information peut être particulièrement utile.
Les erreurs à éviter avant de partir
Le premier réflexe est de ne pas attendre le dernier moment pour effectuer l’opération bancaire. Il faut également vérifier que les dates du billet correspondent bien au voyage prévu et conserver les justificatifs remis par la banque.
Il faut surtout éviter de prêter ou de mettre la carte à disposition d’un proche. La carte est nominative et ne peut être utilisée que par son titulaire. La réglementation interdit également les manœuvres visant à mettre le droit de change à la disposition d’une personne qui n’en est pas le bénéficiaire effectif.
Enfin, en cas de modification importante du voyage, mieux vaut contacter sa banque avant de prendre une décision plutôt que de supposer que le droit à l’allocation touristique pourra être conservé sans formalité.




