
À l’approche du lancement de l’ETIAS, une question revient avec insistance chez les voyageurs : faudra-t-il désormais payer 20 euros supplémentaires pour entrer en Europe ? Pour les Algériens qui voyagent régulièrement vers la France, l’Espagne, l’Italie ou d’autres pays européens, l’annonce peut sembler inquiétante.
Pourtant, les détenteurs d’un passeport algérien voyageant avec un visa Schengen ne sont pas concernés par l’ETIAS. Cette autorisation électronique vise une autre catégorie de voyageurs.
ETIAS à 20 euros : à qui s’adresse réellement cette autorisation ?
L’ETIAS, pour European Travel Information and Authorisation System, est une autorisation électronique destinée aux ressortissants de pays tiers qui peuvent actuellement effectuer de courts séjours dans certains pays européens sans demander de visa.
Il ne s’agit donc pas d’un nouveau visa Schengen.
Concrètement, lorsqu’il entrera en service, un voyageur bénéficiant d’une exemption de visa devra obtenir son autorisation ETIAS avant son départ vers les pays européens concernés.
Le tarif prévu est désormais fixé à 20 euros par demande. Les personnes âgées de moins de 18 ans ou de plus de 70 ans seront toutefois exemptées du paiement de ces frais.
Les Algériens doivent-ils demander un ETIAS ?
Non, pas lorsqu’ils voyagent avec un passeport algérien soumis à l’obligation de visa.
C’est précisément là que se trouve la principale source de confusion.
L’Algérie figure parmi les pays dont les ressortissants doivent disposer d’un visa pour franchir les frontières extérieures de l’espace Schengen. Or l’ETIAS concerne les ressortissants de pays exemptés de visa pour les courts séjours.
Un voyageur qui se rend en France avec un passeport algérien et un visa Schengen valide ne devra donc pas demander, en plus, une autorisation ETIAS à 20 euros.
À retenir :
- Passeport algérien + visa Schengen : pas d’ETIAS.
- Passeport d’un pays exempté de visa : ETIAS potentiellement obligatoire après son lancement.
- L’ETIAS ne remplace pas le visa Schengen.
Pourquoi parle-t-on alors autant des 20 euros ?
Le montant de l’autorisation ETIAS avait initialement été fixé à 7 euros. L’Union européenne a ensuite porté ces frais à 20 euros, notamment afin de tenir compte de l’évolution des coûts de fonctionnement du système.
Cette hausse a naturellement suscité de nombreuses réactions et peut donner l’impression qu’une nouvelle taxe va s’appliquer à tous les voyageurs non européens.
Ce n’est pas le cas.
La distinction essentielle est simple : ETIAS s’applique principalement aux voyageurs dispensés de visa, tandis que les ressortissants algériens restent soumis au régime du visa Schengen pour leurs courts séjours.
Attention au cas des Algériens ayant une deuxième nationalité
La situation peut toutefois changer pour un ressortissant algérien possédant également une autre nationalité.
Par exemple, une personne ayant la double nationalité algérienne et celle d’un pays bénéficiant d’une exemption de visa pourrait être concernée par l’ETIAS si elle voyage avec le passeport de cette seconde nationalité.
À l’inverse, un binational disposant d’un passeport d’un pays de l’Union européenne n’a pas vocation à demander un ETIAS pour voyager en tant que citoyen européen.
Le document utilisé pour effectuer le voyage est donc déterminant.
ETIAS n’est toujours pas en service
Autre élément à connaître : au 31 août 2026, aucune demande ETIAS ne doit encore être effectuée.
Le système n’est pas actuellement opérationnel. Son lancement est annoncé pour le dernier trimestre 2026, mais la date précise doit encore être officiellement communiquée par les autorités européennes.
Les voyageurs doivent donc se méfier des sites qui laisseraient entendre qu’il est déjà possible ou obligatoire d’obtenir une autorisation ETIAS.
Lorsque le dispositif entrera officiellement en vigueur, la demande pourra être réalisée sur le portail ou l’application officiels prévus par l’Union européenne.
Ce qui a déjà changé pour les voyageurs algériens : l’EES
Si l’ETIAS ne concerne pas directement la majorité des voyageurs algériens, un autre système européen est en revanche beaucoup plus important pour eux : l’EES, ou système d’entrée-sortie.
L’EES est pleinement opérationnel depuis le 10 avril 2026. Contrairement à l’ETIAS, il concerne plus largement les ressortissants de pays non membres de l’Union européenne effectuant un court séjour, qu’ils aient ou non besoin d’un visa selon leur nationalité.
Son objectif est notamment d’enregistrer électroniquement les entrées et sorties aux frontières extérieures et de moderniser les contrôles des voyageurs.
Pour un Algérien titulaire d’un visa Schengen de court séjour, c’est donc davantage l’EES que l’ETIAS qui constitue le changement concret à connaître lors d’un déplacement en Europe.
Visa Schengen, EES et ETIAS : trois dispositifs à ne pas confondre
Les trois termes sont souvent mélangés alors qu’ils remplissent des fonctions différentes.
- Le visa Schengen est l’autorisation que les ressortissants algériens doivent généralement obtenir avant un court séjour dans l’espace Schengen.
- L’EES est un système électronique d’enregistrement des entrées et sorties des voyageurs non européens concernés aux frontières.
- L’ETIAS est une autorisation de voyage préalable destinée principalement aux ressortissants de pays dispensés de visa.
Autrement dit, payer 20 euros pour un ETIAS ne permettra pas à un titulaire de passeport algérien de voyager en Europe sans visa.
L’ETIAS ne constitue ni une alternative au visa Schengen ni une procédure permettant de contourner une demande de visa.
Un Algérien avec un visa Schengen devra-t-il payer 20 euros en plus ?
Non. Dans le cadre actuel, un voyageur utilisant un passeport algérien et soumis à l’obligation de visa n’a pas à ajouter une demande ETIAS de 20 euros à son dossier.
Les frais liés à une demande de visa Schengen restent une procédure distincte et ne doivent pas être confondus avec le tarif de l’ETIAS.
Cette différence est particulièrement importante à l’approche du lancement du nouveau dispositif, alors que les recherches autour de termes comme « ETIAS Algérie », « ETIAS 20 euros » ou « nouvelle autorisation pour voyager en Europe » se multiplient.
Ce que les voyageurs algériens doivent vérifier avant leur départ
Pour un séjour touristique ou familial en Europe, les voyageurs algériens doivent avant tout vérifier la validité de leur passeport, de leur visa Schengen lorsqu’il est nécessaire et des documents demandés pour leur déplacement.
Ils doivent également tenir compte des nouvelles procédures aux frontières liées à l’EES.
En revanche, il n’est actuellement pas nécessaire de chercher à acheter une autorisation ETIAS. Le système n’est pas encore ouvert et, pour un voyage effectué avec un passeport algérien soumis au visa, cette autorisation n’est de toute façon pas le document requis.
La réponse en une phrase
Non, l’ETIAS à 20 euros ne sera pas une nouvelle taxe imposée à tous les Algériens voyageant en Europe : les détenteurs d’un passeport algérien soumis au visa Schengen ne sont pas concernés par cette autorisation.
La nuance devient toutefois essentielle pour les binationaux voyageant avec un autre passeport. Avec le lancement prochain de l’ETIAS, vérifier la nationalité et le document de voyage réellement utilisés sera donc indispensable avant chaque départ.






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