Visa refusé
Un refus de visa malgré une urgence médicale
Le durcissement des conditions d’accès aux visas français pour les Algériens continue de susciter des contestations.
Cette fois, c’est une affaire médicale qui a conduit une famille à engager un bras de fer avec l’administration française.
En avril dernier, M. et Mme C. avaient déposé auprès du consulat général de France à Oran une demande de visa « Visiteur » pour leur enfant souffrant d’une maladie grave.
Selon les parents, son état nécessitait une prise en charge médicale urgente en France, car les soins adaptés n’étaient pas disponibles en Algérie.
Malgré la situation médicale de l’enfant, la demande de visa a été refusée par les autorités consulaires françaises.
Les parents ont alors décidé de saisir la Commission de recours contre les décisions de refus de visa (CRRV), mais celle-ci n’a pas répondu dans les délais impartis, entraînant un refus implicite.
Une procédure en urgence devant la justice française
Face à l’absence de réponse, les parents, accompagnés par leur avocat Me Souidi, ont choisi de porter l’affaire devant la justice.
Le 20 juillet 2026, ils ont déposé une procédure de référé-suspension devant le tribunal administratif de Nantes.
Leur argument principal était l’urgence : l’état de santé de leur enfant ne permettait pas d’attendre une longue procédure administrative.
Ils demandaient à la justice d’intervenir afin de permettre l’accès rapide aux soins nécessaires en France.
Le ministère de l’Intérieur abandonne le bras de fer
Alors que l’audience approchait, le ministère français de l’Intérieur a finalement changé de position.
Dans un mémoire transmis au tribunal le 3 août, l’administration a indiqué avoir demandé au consulat de France à Oran de délivrer en urgence le visa demandé.
Ce revirement a permis à la famille d’obtenir satisfaction avant même l’examen complet du dossier par le juge.
Le tribunal administratif de Nantes a donc constaté qu’il n’y avait plus lieu de statuer sur la demande de suspension.
L’État français condamné à indemniser les parents
Dans sa décision rendue le 10 août, le tribunal a toutefois reconnu les démarches engagées par la famille.
L’État français a été condamné à verser 500 euros aux parents afin de couvrir une partie des frais d’avocat engagés pour défendre leurs droits.
Cette affaire illustre les difficultés rencontrées par certains demandeurs de visa France depuis l’Algérie, y compris dans des situations humanitaires liées à la santé.
Elle rappelle également que les refus de visa peuvent faire l’objet de recours devant les juridictions administratives françaises lorsque des arguments solides sont présentés.
Elle montre que les décisions consulaires peuvent être contestées lorsque l’urgence et la nécessité d’une prise en charge spécialisée sont démontrées.







1 a réfléchi à «Visa refusé malgré l’urgence médicale : la bataille d’une famille algérienne finit par payer»