Déclaration des devises en Algérie
La déclaration devises Algérie devient obligatoire lorsqu’un voyageur transporte une somme dépassant le seuil prévu par la loi, à l’entrée comme à la sortie du pays. Un passager contrôlé à l’aéroport d’Alger avec 3 400 euros non déclarés vient d’être poursuivi devant la justice. Son cas rappelle qu’une somme peut être légalement détenue tout en restant soumise à une formalité douanière.
3 400 € non déclarés découverts avant un vol Alger-Espagne
L’affaire rapportée concerne un voyageur algérien qui devait embarquer depuis l’aéroport d’Alger à destination de l’Espagne. Lors du contrôle, les agents ont découvert 3 400 euros qui n’avaient pas fait l’objet d’une déclaration. Le passager transportait également 65 000 dollars, mais cette somme était, selon les éléments rapportés lors de l’affaire, couverte par une autorisation de change de la Banque d’Algérie.
Devant le tribunal de Dar El Beïda, l’intéressé a expliqué avoir oublié de signaler les 3 400 euros. Le parquet a requis un an de prison ferme et une amende de 100 000 dinars. À ce stade, il s’agit de réquisitions du ministère public et non de la peine définitive prononcée par le tribunal.
Déclaration devises Algérie : le seuil est désormais de 1 000 €
La loi de finances pour 2026 fixe clairement le seuil applicable aux voyageurs. Toute personne entrant ou sortant d’Algérie doit déclarer aux services des douanes les montants supérieurs à 1 000 euros, ou leur équivalent dans une autre devise. Cette obligation vise aussi bien les résidents que les non-résidents.
Elle ne concerne pas uniquement les billets en euros ou en dollars. La législation englobe également les pièces de monnaie, certains moyens de paiement au porteur, les effets de commerce, les titres négociables ainsi que les métaux et pierres précieux.
La somme transportée s’entend de ce que le voyageur détient sur lui, dans ses bagages ou dans son véhicule.
La déclaration peut être effectuée en ligne avant le passage en douane
Un arrêté du ministère des Finances précise la procédure à suivre. La déclaration doit être souscrite auprès du bureau des douanes du point d’entrée ou de sortie. Le texte prévoit qu’elle soit effectuée principalement par voie électronique avant l’arrivée au contrôle douanier. Un formulaire papier peut également être utilisé auprès des services des douanes.
Dans tous les cas, la démarche doit être accomplie avant de franchir la zone réservée au contrôle. Le document n’est valable que pour un seul séjour et le voyageur doit pouvoir présenter la somme déclarée si les agents souhaitent la vérifier.
Autrement dit, signaler l’existence de l’argent uniquement après sa découverte lors d’un contrôle ne remplace pas une déclaration effectuée dans les formes prévues.
Sortir de l’Algérie avec des devises nécessite aussi de justifier leur origine
Déclarer une somme à la douane et être autorisé à l’exporter sont deux questions différentes. Le règlement n°24-05 de la Banque d’Algérie autorise les voyageurs résidents et non-résidents à exporter jusqu’à 7 500 euros en espèces, ou l’équivalent dans une autre monnaie étrangère, par année civile, lorsque les devises proviennent notamment d’un compte en devises ouvert en Algérie.
Un avis de débit bancaire doit être présenté pour les prélèvements dépassant le seuil de déclaration. Au-delà de ce régime, un montant peut également être exporté lorsqu’il est couvert par une autorisation de change délivrée par la Banque d’Algérie.
Le plafond de 7 500 euros est annuel : il ne s’agit donc pas d’une enveloppe renouvelée à chaque déplacement.
Un Algérien établi à l’étranger doit conserver sa déclaration d’entrée
Les membres de la diaspora sont particulièrement concernés lorsqu’ils arrivent en Algérie avec plusieurs milliers d’euros en espèces.
Un non-résident ayant déclaré des devises à son arrivée et souhaitant repartir avec la partie non dépensée doit conserver son formulaire. À la sortie du territoire, les douanes peuvent également demander les justificatifs des opérations de change effectuées pendant le séjour.
Cette précaution permet de prouver que les devises transportées au retour correspondent bien à celles introduites légalement sur le territoire.
Les douanes peuvent demander l’origine et la destination de l’argent
Les contrôles ont été renforcés par la loi de finances 2026. Les agents des douanes peuvent désormais demander au voyageur les informations et documents permettant d’établir l’origine et la destination des montants transportés, qu’ils aient été correctement déclarés ou non.
Lorsqu’une somme importante est transportée, le voyageur a donc intérêt à conserver la déclaration douanière et, selon sa situation, l’avis de débit bancaire, l’autorisation de change ou les justificatifs relatifs aux opérations réalisées pendant son séjour.
Les douanes disposent par ailleurs d’un pouvoir de rétention temporaire lorsqu’il existe des indices reliant les fonds déclarés à des faits de blanchiment d’argent, de financement du terrorisme ou de prolifération. Dans ce cas spécifique, le texte prévoit l’information du procureur de la République et encadre la procédure de rétention.






